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COMMUNE SUISSE 5 l 2017

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INTÉGRATION: OPÉRATION PAPYRUS

Opération Papyrus: Genève

régularise des sans-papiers

L’opération Papyrus veut normaliser le statut des sans-papiers qui sont

effectivement intégrés, autonomes financièrement et sans passé pénal.

Le projet pilote du Canton de Genève est soutenu par la Confédération.

La tradition d’accueil et d’intégration

des autorités genevoises est légen-

daire. Des réfugiés huguenots à Lénine,

ce dernier trônant sur un bas-relief ap-

posé contre la tour de l’Ile. Sans oublier

tous les saisonniers italiens et espa-

gnols qui ont contribué à construire les

barrages, routes et autoroutes helvé-

tiques. Avec la mondialisation de notre

économie et de notre culture, les fron-

tières étatiques ne se posent plus

comme des barrières infranchissables

et attirent ceux qui aspirent à une vie

meilleure, avec ou sans permis. Bapti-

sée «Papyrus», l’opération lancée par le

Canton de Genève en février n’est pour-

tant pas un blanc-seing à tous les étran-

gers qui travaillent illégalement dans le

canton. «Le projet Papyrus se déploie

sur une période de deux ans et a pour

vocation de permettre aux personnes

sans-papiers répondant à des critères

précis et stricts de déposer une de-

mande de normalisation. De plus, les

mesures d’accompagnement prévues

dans le cadre du projet sont conçues

pour éviter tout appel d’air en assainis-

sant de manière durable les secteurs

économiques particulièrement touchés

par le travail au noir et le dumping sa-

larial», note Nicolas Roguet, du Bureau

d’intégration des étrangers au sein de

l’Office cantonal de la population du

canton de Genève.

Pas d’amnistie pure et simple

C’est aussi la raison pour laquelle le gou-

vernement n’a pas voulu jeter l’éponge

sur cette question. «Le plus grand risque

d’une amnistie est qu’elle crée des effets

d’appel d’air», note de son côté Christina

Stoll, directrice générale de l’Office can-

tonal de l’inspection et des relations du

travail (Ocirt) du canton de Genève. «Elle

induit certes une stabilisation pour les

personnes régularisées, mais elle en-

gendre en parallèle une vague de nou-

velles personnes qui s’installent en si-

tuation irrégulière. C’est pour cela que

nous avons toujours refusé ce choix et

intégré dans l’opération Papyrus une

vaste campagne de contrôle des condi-

tions de travail.»

Ce précieux sésame ne sera pas accordé

sans que la situation des bénéficiaires

potentiels soit soigneusement analysée.

Il se fera dans le respect du cadre légal

en vigueur et selon des critères objectifs

cumulatifs. Ceux-ci seront définis avec

une certaine marge d’appréciation. La

règle veut que pour les familles avec en-

fants scolarisés, le processus de norma-

lisation de leur situation soit enclenché

pour des questions humanitaires après

un séjour continu de cinq ans et non de

dix comme ce sera la règle avec les céli-

bataires, les familles sans ou avec des

Baptisée «Papyrus», l’opération lancée par le Canton de Genève pour la régularisation de

sans-papiers, veut sortir des travailleurs intégrés de l’ombre.

Photo: Shutterstock