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COMMUNE SUISSE 5 l 2017

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ments médicaux-sociaux (EMS), les équi-

pes de nettoyage sont en charge de la

prestigieuse Maison de la Paix, un com-

plexe ultramoderne situé dans le quartier

de la place des Nations et qui abrite des

organisations internationales. L’équipe

de jardinage réalise des missions pour

des communes genevoises. Des contrats

sont passés avec des entreprises horlo-

gères – contrôle esthétique, emboîtage,

préassemblage…

Réalise se félicite d’une excellente colla-

boration avec la Ville de Genève, et no-

tamment avec son service de voirie.

D’autres communes telles que Thônex,

Prégny-Chambésy, Plan-les-Ouates et

Perly font régulièrement appel à ses ser-

vices.

Une Suisse miniature

La visite des locaux – 2000 m² – dans le

quartier des Acacias se vit comme la dé-

couverte d’une Suisse industrielle minia-

ture, où l’invité passe du bout d’un cou-

loir à l’autre, du fracas des cuisines à

l’heure du rangement, aux sourires des

repasseuses… Du souffle de leurs fers,

au silence et à la concentration des

opérateurs en horlogerie… De la blan-

cheur de leur atelier à l’ambiance plus

tamisée de la gestion des stocks, où le

personnel s’interpelle d’un bout à l’autre

de l’entrepôt. Une autre porte s’ouvre:

tiens, une boutique de matériel informa-

tique!

Jeunes et moins jeunes, les collabora-

teurs en formation se découvrent

comme une population homogène. Ce

qu’elle n’est pas. Venus de l’assurance

chômage comme de l’AI ou des services

sociaux, elle amalgame les 1001 causes

et parcours personnels qui font que les

uns et les autres se retrouvent coupés

du marché du travail. Réalise les reçoit

sur un pied d’égalité. Rechercher les

compétences, les envies, définir un pro-

jet: le principe est le même pour la qua-

dragénaire experte dans une technolo-

gie devenue obsolète ou pour celui qui

n’a aucune expérience professionnelle.

«Des personnes qui n’avaient jamais

travaillé dans les espaces verts se sont

découvert des envies et de vraies aptitu-

des pour ces activités. Une personne

d’origine vietnamienne ayant travaillé

sur des bateaux s’est révélé, au contact

d’une entreprise partenaire, comme

étant un excellent aide électricien», ex-

plicite Jérôme Despont.

Des équipes sont chargées du processus

de traitement de smartphones et d’ordi-

nateurs. Deux collaborateurs en forma-

tion manifestent leur satisfaction d’ac-

quérir, au passage, les arcanes de la

gestion des stocks. Plus loin, l’enca-

drante spécialiste en électronique insiste

sur l’importance de pouvoir réaliser une

installation électrique à partir d’un

schéma: «Des compétences transversa-

les sont un atout à faire valoir auprès

d’un employeur», insiste-t-elle.

L’exemple révèle le profil des respon-

sables d’équipe. Leur connaissance des

attentes des entreprises est un atout très

important. «Ils présentent des profils qui

ne sont pas courants. Il faut des compé-

tences techniques, une expérience de

l’entreprise et une forte envie de la trans-

mettre. Nous pouvons ensuite les for-

mer aux spécificités de la formation et

coaching d’adultes», précise Jérôme

Despont.

Sur place, il faut acquérir les compéten-

ces mais aussi les rendre compatibles

avec les exigences de productivité du

monde professionnel. Pour l’exprimer

sans détours: il ne suffit pas de savoir

nettoyer une baie vitrée, encore faut-il le

faire rapidement. Encadrant dans le sec-

teur horlogerie, Aurélien Huguet intègre

cette donnée dans les mandats qu’il as-

sume pour des industriels, et évite pour

ses «apprenants» les délais trop contrai-

gnants. Au terme du cursus, chacun di-

sposera d’un certificat de travail. Pas

d’un diplôme, dont l’obtention deman-

derait des années. La plupart des colla-

borateurs en formation souhaitent ob-

tenir un emploi – et un salaire! – au plus

vite. Mais théoriquement, certains pour-

raient intégrer une filière traditionnelle.

Important job-coaching

Une fois la période de formation ter-

minée, les gens ne sont pas lâchés dans

la nature. Mais suivis dans leur adapta-

tion à la vie professionnelle. Pour le bien

du collaborateur, et le confort de l’em-

ployeur, Réalise assure ainsi un service

de job-coaching – qui assure à son béné-

ficiaire une intégration facilitée lors de

la prise d’un nouvel emploi. Jérôme

Despont insiste sur cette mesure d’ac-

compagnement, encore mal connue en

Suisse, qui contribue grandement à la

plus-value et au succès du modèle de

Réalise. Mais pour quelle réussite? «Les

exigences en termes de diplômes et

d’expérience professionnelle sont telles

aujourd’hui que les collaborateurs en

formation n’ont que peu de chance sur

le marché du travail ouvert. Par contre,

ils obtiennent des emplois parce qu’ils

ont démontré leur valeur à l’occasion de

stages ou autres formes de tests pra-

tiques. Ou par les contacts qu’ils peu-

vent avoir au sein des entreprises», af-

firme Jérôme Despont. Sur ces dernières

années, entre 40 et 50% des personnes

ont retrouvé un emploi dans les trois

mois qui suivent leur formation à Réa-

lise. Il faut savoir qu’en Suisse, 45% des

personnes au bénéfice de l’aide sociale

RÉALISE: PLACEMENT DIRECT EN EMPLOI

Le secteur blanchisserie assure le nettoyage du linge de deux établissements médicaux-so-

ciaux.

Photo: Vincent Borcard