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COMMUNE SUISSE 5 l 2017

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mêmes: intégrer aussi rapidement que

possible les réfugiés sur le marché du

travail. Si nous arrivons à atteindre cet

objectif ensemble, tout le monde sera

gagnant. Indépendamment de l’ampleur

des moyens engagés, il importe de dé-

finir les bonnes incitations, afin que les

cantons effectuent les investissements

nécessaires. Certains cantons sont très

actifs et obtiennent de bons résultats en

matière d’insertion dans le monde du

travail. D’autres le sont moins. Les inves-

tissements doivent être rentables. Nous

attendons aussi des réfugiés qu’ils

fassent des efforts pour s’intégrer. Et

nous récompensons cet engagement

avec des incitations financières.

Que va-t-il maintenant se passer?

Sommaruga:

Avec les cantons, nous

avons décidé d’examiner les différents

facteurs de coûts. La question des re-

quérants mineurs non accompagnés

mérite certainement une réponse ur-

gente. Nous allons essayer de trouver

une solution d’ici l’été. Pour les per-

sonnes au bénéfice d’une réinstallation,

qui viennent directement d’un camp de

réfugiés du HCR et qui sont particulière-

ment vulnérables, malades, âgées ou

traumatisées, la Confédération verse

déjà des sommes plus importantes.

Dans le cadre du projet pilote de réins-

tallation, le forfait d’intégration atteint

26 000 francs par personne. Dans le

deuxième programme de relocalisation,

le montant de 17000 francs versé aux

cantons est aussi nettement plus élevé

que le forfait d’intégration ordinaire. J’ai

d’ailleurs été très satisfaite de voir que

des cantons se sont annoncés volontai-

rement pour participer à ce programme

fédéral de réinstallation, alors qu’à ce

moment-là de nombreuses personnes

demandaient l’asile. Et j’ai rencontré des

responsables communaux très engagés

qui se sont volontiers déclarés prêts à

assumer cette tâche supplémentaire.

C’est un constat positif. Je le répète: la

Confédération est consciente que l’inté-

gration implique des coûts importants.

Cette dernière reste toutefois une tâche

commune de la Confédération et des

cantons.

Les Grisons, qui affichent les meilleurs

résultats en matière d’intégration

sur le marché du travail, dépensent

dans ce but entre 12000 et 24000

francs par personne et par an. Le for-

fait fédéral ne se monte toutefois qu’à

6000 francs. Cela ne signifie-t-il pas

que la Confédération devrait débourser

beaucoup plus afin de permettre une

intégration rapide et réussie?

Sommaruga:

Je crois que la facture à

long terme est déjà payante pour le can-

ton des Grisons. Car plus les réfugiés qui

travaillent sont nombreux, moins les

dépenses pour l’aide sociale sont éle-

vées. Mais cela ne veut pas dire que

nous n’avons pas de compréhension

pour les requêtes des cantons.

Le conseiller aux Etats PLR Philipp

Müller demande dans une motion que

l’aide accordée par la Confédération

aux cantons pour l’intégration dure dix

ans, au lieu des cinq à sept ans actuels.

Les propos tenus ci-dessus laissent

toutefois penser que ce n’est pas la

durée des versements qui est détermi-

nante.

Sommaruga:

Je crois qu’il n’est pas

dans l’intérêt des cantons de recevoir

des fonds de la Confédération pendant

aussi longtemps que possible. Nous de-

vons trouver ensemble comment effec-

tuer une intégration rapide et de qualité.

Une partie des réfugiés est extrêmement

motivée, dispose de qualifications pro-

fessionnelles et de capacités linguis-

tiques. J’en ai fait l’expérience avec une

famille syrienne. Les enfants parlaient

déjà allemand après trois mois. D’autres

réfugiés ont plus de peine à s’insérer

dans le marché du travail ou à l’école. Ils

n’ont peut-être jamais appris à ap-

prendre parce qu’ils ne sont jamais allés

à l’école. Il est donc d’autant plus impor-

tant d’encourager les capacités de cha-

cun.

L’intégration est particulièrement ur-

gente compte tenu du fait que près

de la moitié des réfugiés et personnes

admises à titre provisoire ont moins

de 25 ans. Comment peut-on offrir une

perspective à ces jeunes?

Sommaruga:

C’est justement chez ces

jeunes que l’on voit clairement com-

ment l’intégration est payante et com-

bien le potentiel est grand. 10000 places

d’apprentissage sont inoccupées en

Suisse. Dans le même temps, beaucoup

de ces jeunes veulent travailler. Nous

avons parlé des Grisons. Ce canton a

constaté que le potentiel pour une inté-

gration sur le marché du travail était

présent chez trois quarts des personnes

concernées. Il y a aussi beaucoup de

bons exemples dans d’autres cantons.

Les cantons peuvent apprendre les uns

des autres. Et les communes sont tout

particulièrement sollicitées lorsqu’il

s’agit de montrer à ces jeunes quelles

sont nos règles.

Que voulez-vous dire?

Sommaruga:

Avoir une activité ne signi-

fie pas simplement faire quelque chose.

Il s’agit aussi d’être ponctuel et de faire

partie d’une communauté. Les com-

munes peuvent apporter beaucoup de

choses dans ce domaine. J’en ai person-

nellement fait l’expérience en tant que

conseillère communale de Köniz (BE).

Lorsqu’un programme d’occupation

marche bien, d’autres personnes concer-

nées s’y intéressent. Les communes

peuvent avoir recours à leur réseau et

créer un climat positif dans les entre-

prises locales et dans la population. Des

projets avec des bénévoles fonctionnent

également parallèlement. Nous testons

par exemple un programme de mento-

ring. Des réfugiés sont accompagnés

dans leur quotidien par un parrain ou

une marraine. Ou sont parfois invités par

ces derniers à partager un repas chez

eux. Les possibilités pour les communes

d’apporter avec la population une contri-

bution à l’intégration sont presque illi-

mitées.

«Je crois qu’il n’est pas dans l’intérêt des cantons

de recevoir des fonds de la Confédération pendant

aussi longtemps que possible.»

INTÉGRATION: LA MINISTRE DE LA JUSTICE EN INTERVIEW