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COMMUNE SUISSE 5 l 2017

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l’entretien différencié (sans produits

phytosanitaires) des espaces verts, che-

mins et routes. Depuis, Gérard Roduit

est en charge des travaux publics et ap-

plique les enseignements acquis lors de

cette formation. «Les gens croient que

l’on remplace un produit dangereux par

un autre produit écologique, mais il ne

s’agit pas du tout d’une démarche de

remplacement. Il faut tout réfléchir dif-

féremment.»

Pas de remplacement, tout autrement

Charles-Henri Thurre souhaite que les

abords de la ville restent attrayants. En

dehors de cette exigence, le président

affirme que Gérard Roduit dispose d’une

grande liberté d’action. «Il a carte

blanche sur les moyens qu’il utilise et

peut tester tous les moyens qui lui

semblent utiles à l’entretien des espaces

verts, massifs de fleurs et voirie, sans

herbicides.» Le responsable des travaux

publics est effectivement convaincu du

bien-fondé de la suppression du glypho-

sate. Ainsi, il peut mettre fin au cercle

vicieux de la pelouse: tonte, engrais,

traitement des mauvaises herbes, tonte,

engrais… Par exemple, la zone d’exclu-

sion autour de la station de pompage

était pomponnée avec un gazon tondu à

ras, arrosé, mais finalement pourquoi?

Désormais, une prairie fleurie égaiera la

zone d’exclusion. «Il faut lâcher le

contrôle, désherber pour que tout soit

nickel est une façon de contrôler l’image

de la ville par l’embellissement végétal

et fleuri.»

L’entretien différencié introduit une toute

nouvelle vision de la ville qui nécessite

un peu de pédagogie auprès des habi-

tants. «Au début c’est moche, il faut trois

ans pour une belle prairie fleurie.» Et

Gérard Roduit semble s’amuser. Cet hi-

ver, il a décidé de remplacer les parterres

de pensées par des copeaux de bois co-

lorés et une installation décorative avec

du bois flottant et du marbre de Saillon.

Les nouveaux moyens

Financièrement, aucun bilan n’a été tiré

de cette opération. Néanmoins, Charles-

HenriThurre affirme qu’aucune augmen-

tation notable n’a affecté les finances

publiques.

Gérard Roduit admet que l’entretien

sans herbicides exige plus de main-

d’œuvre au départ pour mettre en place

d’autres solutions. Au cimetière, des

bandes de géotextile ont été posées

pour étouffer les herbes, puis elles ont

été recouvertes d’un paillage de graviers

pour les cacher et offrir une esthétique

minérale. Le cimetière est un lieu sym-

bolique qui doit rester soigné, explique

Gérard Roduit. «Lorsque des personnes

âgées y voient des mauvaises herbes,

elles passent un coup de fil à la com-

mune pour se plaindre du manque d’en-

tretien.» Si la mise en place des bandes

a été longue et a nécessité beaucoup

d’heures de travail, en revanche l’entre-

tien est très peu exigeant en temps et en

moyens. La même technique est utilisée

pour les massifs de rosiers, mais des

copeaux de bois masquent le géotextile.

Ne plus utiliser d’herbicides remet les

outils mécaniques en avant. Là aussi, un

cercle vertueux est en œuvre, un seul

moteur électrique silencieux, pour plu-

Gérard Roduit, le responsable des travaux publics, a mis fin au cercle vicieux du gazon

pomponné et lâché le contrôle. Il travaille plus souvent à la main.

Photos: Anne Devaux

BIODIVERSITÉ: ABANDON DU GLYPHOSATE